Notre voyage

 

L'extrait qui suit fait parti d'un magazine que nous avons créé, Geneviève et moi, et qui raconte notre voyage à travers les États-Unis à l'été 2014. Si l'histoire vous intéresse, je vous suggère de garder un oeil sur notre campagne de sociofinancement (automne 2016), nous offrirons le magazine parmi les contre-parties.

 

J’adore bouquiner, errer dans les librairies et les bibliothèques à temps perdu, sans but particulier. Il y a plusieurs années, un livre m’est tombé entre les mains pendant une de mes promenades et c’est ce qui a déclenché chez moi une certaine passion pour l’utopie et qui a éventuellement inspiré mon projet de voyage, celui de partir à la rencontre des utopies réalisées et des gens qui en sont les artisans.

Jusqu’à cet instant bien précis, j’ignorais qu’une utopie pouvait exister en dehors de l’imagination et des projets un peu loufoques qui parfois en émanent. J’ai donc parcouru l'ouvrage avec un intérêt renouvelé. J'ai ainsi découvert des endroits aux noms bizarres et aux principes inusités : Auroville en Inde, Christiania au Danemark ou encore Uzupis en Lituanie. Des endroits, me disait-on, qui étaient des incarnations bien réelles du lieu parfait imaginé par Thomas More il y a plusieurs siècles dans son livre Utopia.

À Auroville, l’argent est banni. Comme le précise la charte de la communauté : « Auroville n’appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l’humanité dans son ensemble. » À Christiana, on ne possède aucune voiture et toutes les décisions démocratiques sont prises en assemblées citoyennes. À Uzupis, on vit dans le respect d’une constitution en 41 points plutôt originale. Par exemple, le point deux nous indique que « l’Homme a le droit à l’eau chaude » tandis que le point trois nous apprends que « l’Homme a le droit de mourir, mais ce n’est pas un devoir ».

Séduit par ces idées novatrices, j’ai voulu aller à la rencontre des gens qui osaient croire à une vie qui n’est pas née de la nécessité, mais bien de l’intention. Je dis bien « oser », parce que le premier sens du mot utopie réfère souvent à un projet imaginaire, impossible et irréalisable. Peut-on croire à quelque chose d’impossible ? Dans notre société actuelle, ceux qui suivent cette voie se voient rapidement attribués du chapeau de l’idéalisme, celui que l’on brandit si facilement pour critiquer des idées qui sortent de l’ordinaire et des sentiers battus. Pourtant, les communautés qui attiraient mon attention étaient bien réelles et semblaient vivre leur vie aussi humainement que le reste du monde, mais avec un petit je-ne-sais-quoi en plus. Ce sont ces petits détails atypiques qui m’ont longtemps intrigué et qui m’ont finalement motivé à partir à la rencontre des utopistes.

On dit qu’on grandit mieux en quittant le bercail, à travers le voyage et la découverte de la terre inconnue. Sur les traces de voyageurs d’autres temps et en grand amateur de cinéma, j’ai décidé de me lancer, à l’image de Jean Baudrillard, dans le sillon de l’Amérique cinématographique. « L’Amérique, c’est l’utopie réalisée », écrivait-il. J’ai voulu en avoir le cœur net.

Je me suis donc acheté une caméra et une automobile. J’ai ensuite convaincu ma copine de m’accompagner et quand le printemps est enfin arrivé, nous sommes partis pour trois mois à la rencontre de cinq communautés toutes plus originales les unes que les autres.

-Max

 

La suite de ce récit se trouvera dans le magazine. Ne manquez pas notre campagne de sociofinancement !